Grimper tout là-haut

On met un pied devant l’autre, parfois on chute ou on se trompe de chemin, souvent on doute mais lorsqu’on relève la tête, on se retrouve plus près du sommet sans le réaliser. Pour grimper tout là-haut, chacun sa technique, chacun son rythme. On peut suivre et se faire guider, parfois chercher et persévérer mais une chose est sûre : on y arrive toujours mieux accompagné.

Les chemins empruntés sont plus ou moins indiqués, plus ou moins caillouteux pour ne pas dire foireux mais, entre deux glissades, un fou-rire et une engueulade, on arrive tous un jour ou l’autre au sommet enneigé. Au final, la vie est une longue randonnée.

En Savoie, j’ai escaladé de nouvelles montagnes et j’ai surtout découvert que les sommets s’accompagnaient de passions et d’autant de passionnés. Géologie, sport, photographie, cuisine, tous ont trouvé un moyen de s’exprimer et même de se réaliser en grimpant des sommets, leurs sommets.

randonnée en savoie

randonnée Lac des Vaches
randonnée En savoie

Pour mieux apprécier de s’élever, il faut parfois tomber très bas. C’est avec Matthieu et sa spéléorando sur le sentier karstique du Margériaz que nous allons en faire l’expérience. Plus on s’enfonce et plus les sens sont en alerte. Plus de son, plus de lumière, plus d’odeur. Tout devient auto-centré. Seule la roche devient notre repère et le mouvement de l’eau nous aide à nous situer. On découvre un monde sous-terrain modelé par l’eau et les hommes. Remplacer les frontales par des bougies et le moment en deviendrait presque mystique.
Déstabilisante sans en devenir stressante, l’expérience donne étrangement envie de creuser plus loin pour comprendre l’histoire du Massif des Bauges.

Espace confiné et obscurité n’étant jamais bons sur la durée, je suis quand même heureuse de retrouver la sortie. La lumière brûle les yeux, les premiers pas sont maladroits. En refaisant surface, on se réapproprie l’espace, on est attentif non plus à soi mais à ce qui nous entoure.

Le timing est parfait pour rendre visite à Florence & Philippe. Paniers à la main, ils nous accueillent pour faire un tour de leur exploitation et cueillir quelques pétales de rose de Provins. A l’Herbier de La Clappe c’est le paradis des plantes aromatiques & médicinales et chaque maux à son mot : sureau, lavande, verveine, rose, menthe poivrée… On prend soin d’elles pour qu’elles prennent soin de nous à leur tour. On redécouvre le pouvoir des plantes et l’on dit les choses avec les fleurs.

En chemin vers notre Tipi, un hébergement tout ce qui a de plus normal en Savoie, nous prenons le temps de nous arrêter au Belvédère du Revard. La lumière est encore très forte, le Lac du Bourget brille à nos pieds et les parapentistes nous font lever les yeux au ciel. Dur de savoir où regarder.
Arrivés au Village Tipi, nous sommes au coeur de la montagne en détox wifi. Feu de camp, bière locale et défilé de fromages savoyards, tout est réuni pour passer une bonne soirée excepté le ciel qui n’est pas de la partie.
On termine la nuit avec Erwan, notre passionné d’étoiles qui nous montrera constellations, planètes et même les anneaux de Saturne dans un immense télescope. La pluie s’invitant, l’initiation à l’astronomie se continuera dans un tipi et me verra (honteusement) filer dans les bras de Morphée plus vite qu’une étoile.

village tipi grand revard
fabrication beaufort pralognan

Nouvelle journée, la tête encore dans le brouillard, on file vers Pralognan-la-Vanoise dans une météo raccord avec mes yeux endormis. C’est risqué, c’est moi qui conduis. Arrivés entiers au téléphérique du Mont Bochor on retrouve notre guide Françoise pour une randonnée de 2 heures jusqu’au Lac des Vaches. Plus l’on grimpe et plus le ciel se fait menaçant. Les nuages dansent au-dessus de notre tête, les montagnes font de timides apparitions et le sommet blanc de la Grande Casse se fait désirer. La chorégraphie est belle. Sur le plateau du Lac des Vaches, le paysage est hypnotique. L’eau est calme, les dalles de pierre parfaitement alignées mais l’atmosphère devient de plus en plus pesante. Le brouillard nous enveloppe peu à peu jusqu’à ce que la pluie nous colle à la peau.

La dernière soirée se passe au refuge du Roc de la pêche. Un sublime chalet dont l’intérieur est entièrement sculpté à la main. Encore une histoire de passionné.
Nous y rencontrons Thomas. Musicien l’hiver et photographe l’été, il aime prendre des photos de marmottes, papillons et bouquetins qu’il capture aux aurores pour ne pas être dérangé. Il nous dira d’ailleurs le plus naturellement du monde « les gens ne m’intéressent pas, ce sont les animaux que j’aime photographier.» Un grand bonhomme, une phrase un peu brute et pourtant un travail plein de poésie, de délicatesse et de patience. Un univers entre ombre et lumière qui me rappelle à quel point les apparences peuvent être trompeuses. Chaque destination est prétexte à foutre en l’air mes préjugés. Plus je voyage et moins je sais.

Moins je sais mais plus j’apprends. Réveil à 7 heures du mat’ pour rencontrer ceux qui façonnent les saveurs et paysages du Parc national de la Vanoise. Sur le sentier qui mène à la ferme de l’alpage de Ritord, rien à l’horizon excepté une fermière qui transporte son lait à l’arrière d’un pickup. Arrivés à la ferme à 8h passé, le travail est déjà quasi terminé.  La main à la pâte ou plutôt dans la meule, Gaël nous explique les étapes de fabrication du Beaufort. Entre cuivre et vapeur, la gestuelle est rapide, précise et délicate. Le spectacle est beau à voir.

Passée la dégustation, nous continuons notre rando jusqu’au Hamaux des Prioux en passant par les gorges de la rivière du Doron de Chavière. Pas de chamois mais c’est tout comme, des coureurs de trail nous dépassent à toute allure pour terminer leur TGV (Tour des Glaciers de la Vanoise) pendant que je finis ma tarte aux myrtilles et sa montagne glacée. Chacun son challenge !

Une fois tout en bas et rentrée chez moi, je me suis demandée quelle place avait le doute pour tous ceux qui avaient fait de leurs passions leurs métiers. Ce fichu doute qui arrive dans un coup de vent et brouille les pistes sur le parcours.
De là-haut et même dans le brouillard, tout paraissait si serein, si évident… mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce que prendre de la hauteur diffuse les peurs? Est-ce que grimper ces sommets nous aide à y voir un signe?

S’il est facile de se faire des montagnes, peut-être sont-elles plus facilement franchissables lorsqu’elles sont à nos pieds…

spéléorando Margériaz
visite Découverte des plantes
Belvédère du Revard
village tipi Savoie
weekend dans les bauges
montagne les bauges
randonnée Lac des Vaches

panorama mont bochor
randonnée lac des vaches
randonnée Pralognan
Lac des Vaches
randonnée Lac vaches
randonnée savoie
refuge Parc National de la Vanoise
refuge roc de la pêche

Reportage pour We Like Travel & Savoie Mont Blanc.
Merci pour ce beau séjour randonnée en Savoie et la Team de choc AnneAliceJeffMarcSidney & Céline.

11 Comments

Join the discussion and tell us your opinion.

Cyrielle - The Wild Pandareply
mardi at 05:10

waouh, ca met des petits coeur plein les yeux tellement c’est beau!

LadyMilonguerareply
mercredi at 12:10

Vraiment magnifiques ces paysages !!! Comment ne pas aimer la randonnée dans de tels panoramas ?!

padounereply
mercredi at 03:10

Un joli texte sur la vie comme je les aime… merci pour ces jolis mots et ces belles photos qui font du bien au moral un après-midi enfermée devant son ordi 😉

Paulinereply
mercredi at 05:10

OK, je veux aller au Village Tipi! Trop joli ♥️
La montagne, les nuages à portée de main, l’effort d’une longue marche, le brouillard, l’air frais, il n’y a pas mieux pour l’esprit!

Céline, Savoie Mont Blanc Tourismereply
jeudi at 10:10

Super article Maïder ! Tu as l’art de raconter de belles histoires… on est transporté, bravo !

Clairereply
jeudi at 04:10

mais ces photos…?
A faire donc! Merci pour les adresses!

Hugo Le Bellerreply
mercredi at 02:10

Je viens de découvrir ton blog et j’adore ! Superbes photos. Je vais continuer à te suivre désormais 😉

Delphine / 7h09reply
lundi at 03:10

C’est quand je vois des photos aussi belles que les tiennes que je me dis que je suis originaire d’une bien belle région ! 🙂

Alicereply
lundi at 04:10

J’aime les mots que tu as posé sur ce week-end, le brouillard et la lumière de tes images ♡ On y retourne ? 😉

L'outdoor, les filles & le web: Octobre - Un trek Une fillereply
vendredi at 08:10

[…] (Re)découvrir la Savoie à travers les yeux de la talentueuse aventurière Maïder sur son blog. […]

Tanyareply
mercredi at 03:11

Un magnifique article avec de très belles photo! j’ai beau bien connaitre les endroits visités j’ai l’impression de voyager! Je remercie « Un trek une fille » de m’avoir fait découvrir ton blog!

Leave a reply